Recevoir des diagnostics de santé physique et/ou mentale, c’est extrêmement difficile à accepter. Une vague extrême d’émotions nous saisie la gorge avec force, avec une peur paralysante de ce monde inconnu qui vient de s’inviter chez nous.

  C’est injuste d’être affecté.e par quelque chose qu’on ne contrôle pas, alors que d’autres passent leurs quotidiens sans jamais connaître d’embûches médicales.

C’est épuisant de passer ses journées à côtoyer des douleurs corporelles et/ou psychologiques, des limitations et des jugements. À tourner en rond autour d’un cercle invisible qui semble tracé d’avance par nos blessures. On se sent parfois dépossédé.e de notre propre existence.

Lorsque les troubles de santé ne passent pas, qu’ils sont chroniques ou encore qu’ils se succèdent sans arrêt, la dévalorisation ressentie devient de plus en plus grande.

On se sent coupable, responsable, faible et lâche. On a cette impression d’être inférieur.e aux autres. De tout le temps déranger leurs journées avec nos bobos, nos caprices, nos difficultés qui ne semblent rencontrées par personne d’autre. On se sent incompris.e et seul.e.

Ces impressions toxiques deviennent nos vérités avec le temps, et elles sont difficiles à contrer. Qu’a-t-on fait de mal pour être touché.e par ces affaires-là qui ne partent pas?

C’est parfois impossible à croire à travers ces couches de préjugés qu’on nous appose, mais la réalité demeure que nous n’avons rien fait de mal. Des diagnostics et/ou des conditions de santé n’arrivent pas volontairement dans nos vies. Il ne s’agit jamais de choix, et nous ne sommes pas responsables des difficultés qui nous affectent. Ces troubles sont des problèmes de santé : pas des traits de caractère, des caprices et des choses qu’on choisit d’avoir.

Nous ne sommes pas des personnes inférieures et nuisibles.

Cette peur et toutes ces émotions que nous pouvons ressentir sont légitimes et ne doivent pas être banalisées, ni invalidées. Elles sont présentes puisque nous vivons dans une société capacitiste et psychophobe, qui calcule notre valeur en fonction de notre productivité.

Sauf que ce n’est pas parce que ces émotions doivent être légitimées et respectées, qu’elles sont le reflet d’une vérité.

Ces images, ces idées et ces pressions sociales qu’on nous catapulte depuis toujours ne sont absolument pas des façons de calculer la valeur de qui que ce soit. Elles sont toxiques et nuisibles.

Nous valons tous.tes énormément, peu importe nos diagnostics, leurs impacts à court et long terme, l’intensité de leurs symptômes, leurs durées et les limitations rencontrées.

Nous méritons tous.tes d’être écouté.e et d’être célébré.e pour qui nous sommes. Nous avons le droit d’exiger qu’on respecte nos droits, qu’on nous supporte et qu’on cesse de nous stigmatiser.

Nous ne sommes pas des personnes faibles, anormales et dérangeantes. Nous sommes tous.tes uniques. Nos identités ne se limitent pas à nos diagnostics.