Durant la période estivale, nous sommes davantage exposé·e·s aux jugements envers les personnes grosses. Et ce n’est pas toujours évident de savoir comment sensibiliser les enfants sur la diversité corporelle. Faut-il les reprendre lorsqu’iels utilisent le mot « grosse »?

Non, mais il faut utiliser ce mot comme il se doit. Il ne s’agit pas d’une insulte, et c’est important de briser les connotations négatives qui y sont associées. Ce mot peut être utilisé au même titre que « petit·e/grand·e/mince », tant et aussi longtemps qu’il ne constitue pas un jugement.

Par exemple, si un·e enfant pointe une personne dans la rue en s’écriant « Regarde la personne est grosse! », ce n’est pas sa phrase qui est problématique, mais bien souvent la réaction commune des adultes qui répondent « mais non, on ne dit pas ça ».

Au départ, l’enfant émet seulement un constat dans cet exemple, et c’est justement la réaction qu’un·e adulte aura qui viendra influencer sa perception générale. En démonisant le mot « gros·se » et en insinuant qu’il ne faut pas l’utiliser, l’enfant comprend que c’est quelque chose de mal.

La meilleure manière d’intervenir positivement, est de dire qu’effectivement la personne est grosse, et qu’elle est belle ainsi. En fonction de l’âge, on peut ensuite simplement ajouter que nous avons tou·te·s des corps différents, qu’ils sont uniques et beaux comme ils sont. Si l’enfant est plus âgé, ça peut aussi être intéressant de lui demander « est-ce que tu pointes les personnes minces dans la rue en disant qu’elles sont minces? ». Par la suite, une conversation sur la grossophobie peut être la bienvenue, en débutant par des phrases simples et concrètes.

Si un·e enfant mentionne plutôt « Beurk, elle est tellement grosse! » avec un sous-entendu négatif de dégoût ou de moquerie, il faut intervenir de la même manière : les personnes grosses ne sont pas malpropres, inférieures, dégoûtantes et laides. Il ne faut surtout pas s’en tenir à « Chut, ne dit pas ça! », puisque ça ne déconstruit pas les idées grossophobes auxquelles l’enfant a déjà été exposé·e.

Il faut aussi être en mesure de réaliser l’impact de nos propres paroles, que ce soit envers nos corps ou ceux des autres. Lorsque des personnes dans l’entourage ont des propos problématiques, commentent le poids d’autrui, félicitent les pertes de poids ou autre, il est nécessaire d’avoir des discussions pour les sensibiliser sur l’impact envers les enfants. Malheureusement, nous avons tou·te·s des pensées et des paroles qui poussent vers la haine des corps gros et hors-normes, puisque nous sommes élevé·e·s ainsi socialement.

C’est donc très facile de transmettre des concepts grossophobes aux plus jeunes au quotidien, sans même en être conscient·e. Il est nécessaire de s’outiller pour être en mesure de bien sensibiliser et accompagner les plus jeunes dans leur développement.